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Phobie scolaire : comprendre et accompagner les rechutes

  • virginielaidet1984
  • 10 août
  • 5 min de lecture
Enfant en phobie scolaire
Enfant en phobie scolaire

Votre enfant semblait aller un peu mieux. Il avait réussi à retourner une heure en classe, à passer une matinée au collège, à refaire le trajet jusqu’à l’établissement ou simplement à reparler de l’école avec moins d’angoisse.


Puis, un matin, tout redevient difficile. Les maux de ventre réapparaissent, l’angoisse monte. Votre enfant pleure, se bloque ou vous dit simplement : « Je ne peux pas. »

Pour les parents, ce moment peut être particulièrement éprouvant. Après avoir enfin entrevu une amélioration, une question surgit rapidement : « Est-ce qu’on revient à la case départ ? »


Lorsqu’un enfant est confronté à une phobie scolaire, aussi appelée refus scolaire anxieux, son évolution peut connaître des périodes très différentes. Comprendre pourquoi certaines difficultés réapparaissent permet de mieux accompagner ces moments, sans réduire le parcours de l’enfant à une succession de réussites et d’échecs.


Pourquoi les difficultés peuvent-elles réapparaître ?


Face au refus scolaire anxieux, on aimerait naturellement observer une progression régulière. Une heure passée à l’école deviendrait une matinée, puis une journée, jusqu’à retrouver progressivement une scolarité plus sereine.


Dans la réalité, les choses sont souvent moins prévisibles. Une étape qui semblait acquise peut redevenir difficile. La fatigue, une évaluation, un conflit, une modification de l’emploi du temps, une reprise après les vacances ou encore une période de stress peuvent fragiliser l’enfant.


Il faut également tenir compte de l’effort que représente chaque étape. Un enfant peut réussir à passer une heure dans son établissement tout en mobilisant énormément de ressources pour y parvenir. Ce qui paraît être une petite avancée vue de l’extérieur peut lui demander un effort considérable.


Et parfois, aucune cause précise n’apparaît. Cela ne signifie pas pour autant qu’il n’y en a pas : l’enfant lui-même n’est pas toujours capable d’identifier ce qui déclenche ou augmente son anxiété.


Quand une étape redevient difficile : essayer de comprendre


Lorsqu’un enfant n’arrive plus à faire quelque chose qu’il avait pourtant réussi quelques jours auparavant, la tentation est grande de chercher immédiatement une solution.

Pourtant, avant de décider de la suite, il peut être utile d’essayer de comprendre ce qu’il a vécu.


Lorsque l’angoisse est redescendue et que l’enfant est disponible pour échanger, quelques questions simples peuvent l’aider :


« Qu’est-ce qui a été le plus difficile aujourd’hui ? »


« À quel moment as-tu senti que l’angoisse commençait à monter ? »


« Qu’est-ce qui aurait pu t’aider à ce moment-là ? »


Il ne s’agit pas de multiplier les questions ni d’obtenir absolument une explication. Certains enfants auront besoin de temps avant de pouvoir mettre des mots sur ce qu’ils ressentent.


L’objectif est surtout de les aider progressivement à identifier leurs sensations, leurs émotions, leurs besoins et les situations qui peuvent les mettre en difficulté.

Cette meilleure connaissance de soi peut devenir une ressource importante pour la suite.


Après une rechute : faut-il insister, ralentir ou adapter ?


C’est probablement l’une des questions les plus complexes pour les parents confrontés à la phobie scolaire.


Faut-il encourager son enfant à essayer malgré son anxiété ou accepter qu’il ne puisse pas le faire aujourd’hui ?


Il n’existe pas de réponse identique pour tous les enfants.

Une confrontation trop importante à une situation vécue comme insurmontable peut majorer l’anxiété. À l’inverse, lorsque l’évitement s’installe durablement, il peut également contribuer à entretenir la peur.


L’enjeu est donc de trouver des étapes adaptées aux capacités de l’enfant à ce moment précis. Une étape peut parfois être maintenue plus longtemps, fractionnée ou temporairement simplifiée avant d’être proposée à nouveau.


Ces ajustements gagnent à être réfléchis avec les professionnels qui accompagnent l’enfant et, lorsque cela est possible, avec l’établissement scolaire. Ils permettent de conserver une direction tout en tenant compte de ce que l’enfant est réellement capable de mobiliser à cet instant.


Les progrès ne se mesurent pas seulement en heures passées à l’école


Dans le refus scolaire anxieux, la présence scolaire devient naturellement un repère central. Les parents finissent parfois par mesurer l’évolution en heures, en matinées ou en journées passées dans l’établissement.


Ces éléments ont leur importance, mais ils ne permettent pas à eux seuls de mesurer tout ce qui évolue chez l’enfant.


Un enfant peut progresser lorsqu’il arrive à parler de l’école avec moins d’angoisse, à préparer ses affaires, à refaire le trajet jusqu’à l’établissement ou à retrouver un camarade.


Il peut aussi commencer à mieux reconnaître ce qui se passe dans son corps lorsqu’il est anxieux, réussir à dire « je sens que ça monte », exprimer plus clairement ce dont il a besoin ou utiliser spontanément une stratégie qui l’aide à retrouver un peu de calme.

Ces évolutions sont parfois beaucoup moins visibles qu’une matinée passée en classe. Pourtant, elles témoignent du développement de compétences importantes : mieux se connaître, identifier son anxiété et apprendre progressivement à mobiliser ses propres ressources.


C’est aussi dans cette évolution plus discrète que peut se construire la suite.


Et pour les parents, comment vivre ces périodes de rechute ?


Lorsqu’un enfant fait un pas en avant, ses parents recommencent souvent à espérer. Alors, lorsque les difficultés réapparaissent, la peur peut revenir immédiatement.


« Est-ce que tout recommence ? »


« Est-ce qu’on est allé trop vite ? »


« Est-ce que j’aurais dû faire autrement ? »


Après des semaines ou parfois des mois à chercher des solutions, organiser les rendez-vous, échanger avec l’école et observer son enfant, il est compréhensible que le parent devienne particulièrement attentif au moindre signe.


Cette vigilance peut cependant devenir épuisante. Elle peut aussi rendre chaque difficulté beaucoup plus inquiétante qu’elle ne le serait prise isolément.


Accompagner son enfant ne signifie pas devoir anticiper chaque réaction ni prendre systématiquement la bonne décision. Dans un parcours aussi complexe, il y aura nécessairement des ajustements, des essais et parfois des choix qui devront être revus.


Le parent a lui aussi besoin de pouvoir prendre du recul, être soutenu et préserver ses propres ressources pour accompagner son enfant dans la durée.


Quand faut-il refaire le point avec les professionnels ?


Une difficulté ponctuelle et une dégradation durable de la situation ne sont pas la même chose.


Lorsque l’anxiété augmente nettement, que les manifestations physiques ou émotionnelles deviennent plus importantes, que de nouvelles difficultés apparaissent ou que la situation se prolonge, il est important d’en parler avec les professionnels qui accompagnent l’enfant.


Ce temps de réévaluation peut permettre de vérifier si le rythme proposé est toujours adapté, si certains aménagements doivent évoluer ou si un nouvel élément est venu modifier la situation.


L’objectif n’est pas nécessairement de tout recommencer, mais de réajuster l’accompagnement aux besoins actuels de l’enfant.


Phobie scolaire : accepter un parcours qui peut fluctuer


Le refus scolaire anxieux est rarement un parcours parfaitement prévisible. Certains moments permettent d’avancer davantage, d’autres nécessitent de stabiliser une étape ou de modifier ce qui avait été envisagé.


L’essentiel est de ne pas réduire l’évolution de l’enfant à sa seule présence à l’école. Ce qu’il apprend sur son anxiété, sa capacité à identifier ses besoins, à exprimer ce qu’il ressent et à utiliser progressivement ses ressources fait également partie du chemin.

Pour les parents, accepter ces fluctuations n’est pas toujours facile. Elles peuvent réveiller la peur, le doute et l’impression que les efforts accomplis n’ont servi à rien.


Pourtant, un parcours ne se résume jamais à la dernière journée vécue.

Parfois, avancer consiste aussi à comprendre pourquoi une étape est devenue trop difficile aujourd’hui afin de pouvoir envisager autrement celle de demain.


Cet article propose des repères généraux et ne remplace pas une évaluation ou un accompagnement médical, psychologique ou pédopsychiatrique adapté à la situation de votre enfant.



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